Éditorial

Editorial

Dans la vie, il y a des moments de transition qui, tout en marquant des ruptures, s’inscrivent dans une dynamique de continuité. Après dix années passées à la HEP-BEJUNE et un parcours encore plus long dans le domaine de la formation des enseignant·e·s, je mesure combien notre champ a évolué, porté par un renouveau épistémologique.

La recherche en éducation s’est enrichie d’une dynamique collaborative renouvelée, fondée sur des partenariats entre chercheur·e·s et praticien·ne·s. Il ne s’agit plus seulement de favoriser le dialogue, mais bien, dans une logique de co-construction, de générer des savoirs issus de la fusion entre expertise scientifique et professionnelle pour mieux comprendre et transformer les pratiques enseignantes et les savoirs mobilisés. Désormais, la production de résultats dans ce champ s’appuie non seulement sur une polyphonie de voix, mais aussi sur la valorisation de chacune d’elles, inscrites dans une diversité de contextes. Cette pluralité, portée par un dialogue interdisciplinaire et une rigueur méthodologique, constitue un levier essentiel pour la compréhension des pratiques éducatives à travers le prisme de la recherche appliquée.

Bien sûr, cette approche soulève de nombreux enjeux, notamment en matière de temps, d’équilibre des rôles, de méthodologie ou encore de reproductibilité des résultats, point essentiel dans le champ scientifique. Néanmoins, dans ces recherches ancrées, la transférabilité des résultats ne prévaut-elle pas sur la reproductibilité stricte, contribuant ainsi, peut-être, à redéfinir les critères de validité scientifique ?

C’est dans ce contexte que, dès 2019, la HEP-BEJUNE a instauré le statut d’enseignant·e chargé·e de recherche offrant ainsi une légitimité à ces démarches à fort ancrage professionnel. Ce statut constitue un levier essentiel pour l’innovation pédagogique, la transformation des pratiques et la production scientifique. Il s’avère aujourd’hui nécessaire que les travaux issus de la recherche collaborative bénéficient d’une reconnaissance pleine et entière. Cette légitimité est indispensable pour soutenir durablement les orientations institutionnelles, les politiques éducatives et le développement professionnel, dans une perspective résolument fondée sur les preuves. Il importe également que l’implication des enseignant·e·s du terrain dans ces équipes soit reconnue à sa juste valeur.

Car, c’est dans cette imbrication étroite entre terrain et recherche que se tisse une culture scientifique vivante et partagée contribuant au développement de la compréhension des problématiques pédagogiques et didactiques. Vous en trouverez de nombreux échos dans les projets présentés dans ce rapport.

Bonne lecture !

 
Deniz Gyger Gaspoz
Vice-rectrice de la recherche et des ressources documentaires